Dimanche 29 novembre 2009 7 29 /11 /2009 06:30
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Textes soumis à droits


Je t'aime. Meurs.
D'après Bobadillo

Ainsi gribouillait-elle sa vie sur le pupitre orphelin d'une pauvre écolière en mal de bulletin. Elle filoutait dans les interstices des pauses pipi et trouvait à l'école la même confusion de sentiments que celle éprouvée sur le quai d'une gare, dans l'attente d'un train qui tarde à venir. Elle passait à travers les cours comme un bâillement dans l'attente des vacances, lesquelles à leur tour, la précipitaient dans l'angoisse de l'imminence de la prochaine année scolaire.
La loi du cercle et de la circonférence lui échappe encore malgré les retours de ces boomerangs qu'elle  jetait avec le froid et la fulgurance de l'instantané, pressée d'éloigner la difficulté du moment ou cédant à un désir de ceux jugés uniques en renvoyant dos à dos bienséance et convenance. De l'école, si elle en a gardé, à jamais gravées dans sa peau, ces habiletés qui consistent  à contourner tout obstacle venant s'interposer entre son confort et elle, elle oublie, dès les premières vacances jusqu'à ces êtres qui étaient là aussi pour qu'elle grandisse en douceur. Une photo de classe en noir et blanc encore éclatante de l'actualité d'un passé récent ne lui renvoie qu'une malheureuse image déjà pâlie de piètres souvenirs et la cruelle évidence d'une amnésie certaine d'elle-même.
- Celui qui est au centre de la rangée, em haut, tu t'en souviens?
- C'est Grand Louis, non ?
- Grand Louis, c'est ton oncle, voyons !
- Ah !
- Et la petite blonde aux cheveux ébouriffés en haut à droite ?
- Ché pô  !
Elle répondait en envoyant errer son regard dans le miroir du minuscule salon, où la même petite fille de la photo se tenait droite dans sa robe rouge d'été et soudain se surprit en train de se caresser le cuir chevelu. Cela lui procurait absence et fuite, lascivité et douceur, la même sensualité débonnaire que celle des récréations où l'éclatante cour d'école jurait avec sa morbidité. Quand Denis la mit dans sa ligne de mire, il était déjà pas un petit écolier comme les autres. Il avait le sourire pathétique de ces polissons qui, entre deux chiquenaudes, allaient accomplir ce qu'ils ont l'illusion de prendre pour un exploit. Il avait presque arrêté la course folle, assourdi le tintamarre de la cour rudoyée par ces petits bagnards que 10h 10 mn avait élargis et que, non loin, 10h 30 allait  de nouveau écrouer. Il avait passé sa manche droite sur un déjà très gros nez pour l'en débarrasser de l'impertinente morve qui en pendouillait et coulait à flots, venant visiblement d'une lointaine source ancestrale, dont on peut souligner l'abondance et souligner du même coup le ''beau" geste qui se devait de traduire les quatre lettres de noblesse de la galanterie due à une fille, qui s'était arrêtée de jouer il y a bien longtemps,  vint se pointer devant elle. Sans mot dire, tête baissée, elle le précéda aux latrines des garçons.

- Oh, je perds mes dorures, fit-elle, en exhibant deux mèches de cheveux  qu'un petit orgasme avait piégées entre des doigts tendus, crispés, et un petit couinement à peine étouffé.  - Au fait, Julien est passé aujourd'hui ?
- Ah, tu t'en souviens, enfin. Il n'est pas si différent de celui de la photo, tu sais. 

D'après Régis Deloro
Crépuscules et couchers

 Si l'amour n'était pas ce mélange insoluble de crime prémédité et d'infinie délicatesse, comme il serait aisé de le réduire à une parole ! Mais les souffrances de l'amour dépassent les tragédies de Job... L'érotisme est une lèpre éthérée...
     Emil Michel Cioran
Extrait de Le Crépuscule des pensées




À mon soleil d'hiver, cette lumière
éclatante et sa  fraîcheur d'enfant, de vols
de goéland au dessus
du Morhihan,
de biches égarées
aux yeux brillants.


REMERCIEMENTS ET ENCOURAGEMENTS :
Je tiens particulièrement à remercier le site
http://www.ateliermagique.com
de mettre à disposition des oeuvres réalisés par des peintres
méconnus et qui méritent nos encouragements.
Le meilleur hommage qu'on puisse leur rendre est, une fois téléchrgées,
ces oeuvres devraient nous intimer le respect
dans l'usage qu'on en fait.
Bobadillo

Toute ressemblance de près ou de loin avec des personnes réelles relèverait d'un pur hasard. Cette histoire est une pure fiction. Ce texte a été écrit en 2006. Il est sous droits d'auteur.




















































































































































































































































À suivre ...


Par Bobadillo - Publié dans : Rumeurs Hivernales
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