Rumeurs Hivernales

Dimanche 13 décembre 2009 7 13 /12 /2009 23:14
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Textes soumis à droits

Je t'aime. Meurs.
D'après Bobadillo



1. Témoignage

Anonyme


"Petite, j’ai vu mon père dans le lit conjugal avec ma tante maternelle. J’ai vu ma mère porter sur moi le regard de celle qui ne souhaite pas que sa fille sache, et quelle fille ? Celle dont on disait qu’elle était moche. Alcoolique, mon père trouvait un malin plaisir à me désigner du doigt et assouvir sa rancœur en fin de beuverie sur le raté d’avorton que j’étais. Mon oncle, lui, portait sur moi un autre regard : celui de la compassion. J’y trouvais du confort et de la compréhension et je ne le voyais plus que comme ami. Un soir, il est venu me consoler pendant que je pleurais. Il sentait l’alcool et cela me rappelait mon père dont j’attendais tant et qui ne me le manifestait qu’en rejet. Les doigts qui fourrageaient dans ma tignasse de petite fille avaient exactement cette douceur brute que je passais mon temps à imaginer en rêvant des mains de mon père. J’étais pelotée, contenue, en sécurité, sentiment qui me transporta soudain dans une dimension inconnue à mon être lorsque ces mêmes doigts passaient sur ma peau avant de s’arrêter au seuil de mon pubis. Je n’ai pas bougé, j’ai attendu. J’ai juste frissonné quand ses lèvres se posèrent sur ma nuque. L’odeur de l’alcool donnait à l’acte une assurance paternelle et je crois avoir voyagé dans le monde imaginaire que j’avais toujours dessiné à un père violent. Au réveil, mes vêtements étaient par terre, une douleur aux seins et une autre lancinante, qui frappait par à coups, comme les palpitations du cœur et qui renvoya mes doigts chercher la source d’où partait mon sang. Mon oncle ronflait à côté de moi. J’étouffai un cri quand la panique émanant de cette fraction de seconde de prise de conscience de la gravité de la chose s’empara de moi puis l’enfant oublia instantanément ce qui s’était passé pour envoyer une main toucher puis prendre le sexe de l’oncle, taché de sang. Il se réveilla. Et ce fut l’enfer. Ses mouvements étaient désaccordées, incohérents, il semblait perdu devant le spectacle qui s’offrait à ses yeux. Il élimina toute trace de sang, me nettoya et à chaque geste, il me rudoyait jusqu’à me jeter contre le mur. J’étais un porte-malheur. Je me sentais mal, je me sentais de trop, je me sentais rejetée alors que je venais de partager du plaisir avec quelqu’un qui me comprenait. Depuis, je ne fais que chercher à séduire, à me faire accepter en faisant toutes les concessions possibles. Pour retrouver le sourire de mon oncle, je me suis offerte à lui maintes fois et à chaque fois, c’était la même chose : il me rejetait quand c’était fini. J’ai commencé à chercher dans chaque homme mon père et mon oncle en vouant une haine à ma mère qui, vilaine, acariâtre, arrivait à se faire mon père tout en sachant qu’il la cocufiait et moi, tendre, disposée à m’offrir entièrement, je n’arrivais pas à lui décrocher un sourire. Les hommes alcooliques, vulgaires, violents, m’attirent depuis et en revendiquant une vie de couple, je ne rêve en réalité que de retrouver ces rejets, maux qui me font du bien. Paradoxalement, pour ne pas me faire jeter, je m’offre. Quand mon ex, l’homme de ma vie me proposait des parties d’échangisme, je ne refusais pas. Puis ce furent des hommes qu’il laissait à la maison et sortait prétextant une course et disparaissait le temps qu’il fallait pour une belle partie de jambes en l’air. Et pendant que le verbe violer faisait hérisser du poils, moi j’y revis des moments intenses. Je le recherche, j’y cherche le corps de ces femmes étrangères soumis aux assauts de mon père, j’y cherche l’absence de ma mère du lit conjugal et cela me fait jubiler. J’aime cette violence du sexe. Je m’y retrouve dans cette enfance vaurien, laide, ratée.

Séduire, par tous les moyens. J’ai ainsi développé inconsciemment avec beaucoup de facilité des habiletés inimaginables. Je rivalise d’intellectualisme aussi bien que de vulgarité. Toujours le souci d’être la meilleure. J’ai pris le large de la spiritualité, fréquenté des sectes, flirté avec le diable, pour me réjouir de l’ascendant que je peux avoir sur toute prétention intellectuelle, toutes disciplines confondues. J’ai apprivoisé les larmes, dompté les mots et jonglé avec l’intuition. J’ai fait du mal qui m’habite un génie dans une lampe, insoupçonnable de derrière la bonhomie et le semblant de naïveté que j’affiche. Mes proies ? Les hommes mariés. Mes préférés ? La lie des hommes, frustres, rudes, violents. Mes ennemis, ceux qui m’ont analysée, décortiquée et vue. Leur regard me déshabille, me met à nu et contrevient ainsi aux règles du jeu. Mon seul but alors est de les détruire ou de partir, loin, le plus loin possible, là où le masque a encore de beaux jours.

En attendant, je pleure un manque incarné par mon ex et mène une guerre à un homme qui porte en lui bien des secrets… Je le rabaisse, le minimise, le caricature, le ridiculise, pour dire à mon ex de ne pas s’inquiéter. Mes écrits inondent la toile, ma poésie et mes cris portent des noms et des visages différents, à la démesure de mon identité plurielle, instable… en somme, inexistante. Dans ce néant, cette absence de moi-même, il n’y a pas eu, n’y a pas, n’y aura pas de lune."

N.B. : Je reçois des témoignages et des articles que je suis obligé de trier en fonction de plusieurs critères. Veuillez relire vos écrits, les envoyer en Arial 14, espacer vos paragraphes, ça me permet de gagner du temps à consacrer aux autres articles qui, pour le moment, attendent dans ma boîte.

Merci.

Bobadillo 

 

2. Je t'aime. Meurs. (suite)

 

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À suivre ...

 

 

 

Par Bobadillo - Publié dans : Rumeurs Hivernales
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Jeudi 10 décembre 2009 4 10 /12 /2009 10:35
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- Monsieur Cela aurait pu se contenter de ça. Mais il bénéficie de mon respect pour la langue . Il existe, un peu partout dans le monde des personnages qui mènent une vie irrespectueusement insouciante, entre deux trahisons et quelques coups bas. Cela en fait partie. Il pousse son chariot parmi vous, achète son sapin, ses cadeaux, fête Noël et le jour de l'an. Il plie l'année passée et attaque la suivante comme d'habitude. 


Al Baicin, extrait de "Enchevêtrements"



Cela décortiquait homards, crabes, crevettes et gambas, buvait le  foie gras sur une nappe brodée de fleurs aplaties, traversée par un surtout vert d’inquiétude, se donnant un style et un air, mâchait l’actualité en fin connaisseur

et trouvait à ses sarcasmes une réelle poésie.


Les huîtres, cette année, avaient souffert

des marées noires et seules les belons du Nord y avaient échappé

mais Son Eminence incolore, que le kir peinait à griser, Son Excellence Cela, mangerait tout de même, contre vents et marées, des plates propres et fraîches. Il les avait déjà commandées. Cela était prévenant.

Cela savait vivre, ce qui n’était pas donné.

Cela buvait le vin raffiné et les sirops les plus délicats. courronneNOEL.jpg


Mais Cela militait aussi.

Contre ces marées noires, pour l’écologie, la pisciculture et l’ostréiculture, pour ses homards et ses crabes roses pur porc, pour l’humanité.

Cela était féministe, écologiste mais jamais, absolument jamais raciste.

Cela portait sur le monde un regard paternel qui avait tout compris.

Cela s’en émouvait, cela versait même quelques larmes qui exhalaient le parfum d’un Macon ou d’un Sauvignon, c’est selon. Plate, Creuse ou Belon, c’est selon. La différence se jouait au citron.

Oui, quand le monde tanguait à Ouagadougou, c’est toute la table de Cela qui tanguait et inversement. C’est sûrement inversement.

Cela se gavait de dinde et de chapons en caquetant comme une oie sur un monde qu’à chaque minute il dépouillait, appauvrissait, transformait en actualités tragiques qu’il livrait à son écran dernier cri, pour le bon plaisir de ses tendances sadiques, ses instincts carnassiers et ses pulsions scatologiques et homicides, pour ses dimanches mérités.

Cela n’était pas raciste.


Cela  présidait même à des associations avec Marion pour remédier à cela.

Cela rêvait de paix et de solidarité.

Cela fricotait avec les despotes du monde entier auxquels il trouvait un charisme particulier, un peuple à genoux, un pays ruiné, des fortunes détournées, en somme un air de rien qui les faisait distingués, et surtout un français raffiné.


Cela n’aimait pas la vulgarité.

Et Cela parlait des enfants du monde, de leur avenir, de leur vie.

Et puis ces femmes violentées !

Cela réprouvait la violence, l’inceste, la dictature et la pauvreté.

Cela connaissait la psychologie.

Et partant, Cela était digne d’enfanter, enfin juste ce qu’il fallait, et d’élever et de soumettre.

Le chien de Cela en était une preuve probante,

accablante et aboyante.

 

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Alors Cela se servait et, en détenteur de la vérité absolue, Cela rectifiait, corrigeait, fourrageait sur terre en domaine  conquis et acquis.

Et Cela s’indignait devant ces enfants exploités.

Cela avait certes des tapis d’Orient

mais des tapis ni volés ni volants,

des tapis certifiés faits main

d’homme libre et consentant, bien rémunéré.

Cela n’avait jamais fait ni ne referait

le Triangle d’Or, il avait déjà embarqué

dans ses pantoufles au large de son canapé,

Cela battait pavillon au xxxxx et dans

l’ouest xxxxx ; Cela naviguait dans son salon.

Cela ne rallumerait plus aucun feu.

Pas d’autodafé ni de crémation :

Cela avait un four et une cheminée, il avait un chapon à rôtir ou à griller.

Point de supplice de la roue ni de Saint Barthélemy : Cela avait le crabe et le homard à écarteler, vider et, maintenant, Cela s’attaquait à la sole.

Cela avait séparé la chair parfumée de l’arête centrale, l’Eglise de l’Etat, déduit ses frais des impôts, calculé la T.V.A.


Cela s’offusquait de l’indifférence des autres, Cela se révoltait, rotait, votait, cela pensait.

CHEMINEEnoel.jpgAh, Soixante huîtres, pardon ! Il voulait dire soixante-huit et les pavés !

Cela était sans aucun doute un être humain complet, entier, parfait.

Cela était la synthèse de Diderot, Voltaire et Rousseau.

Cela ne confondait pas Berlusconi et Mussolini, ni la France Libre et celle de Vichy, rien à voir !

Cela en était sûr.

Cela maîtrisait l’histoire, et un peu la Géographie.

Cela avait un sens des démarquages et des frontières, Cela pouvait même retracer la ligne Maginot.

Cela avait de l’imagination et déjà un verre dans le nez.

Malgré tout, Cela ne mélangeait rien.

Dans un saladier, les bigorneaux, dans une assiette les couteaux, et les huîtres dans leur cageot, en attendant le saumon, le rire complice de Marion, le corsage d’Agathe, le décolleté plongeon de Judith et la dernière blague de Toto. Cela ne saurait tarder, le kir et le vin blanc coulaient à flots. Cela n’allait pas aux toilettes, Cela ne se souillait pas, Cela aurait été un ange si on n’avait pas tué Dieu, un garde suisse si on n’avait pas écourté le Roy, un bon patriote si Londres n’avait pas appelé Paris, un Seigneur régnant sur ses domaines dans les plaines de l’Oranais, la brousse sénégalaise ou les rizières indochinoises si Paris n’avait pas été libéré un peu tôt. Il se ferait chevalier, il aimait Lancelot.

Que de gueux, de vilains, de serfs, toute cette chair !

Cela aimait la bonne chère et appréciait toute forme de chair. Mais Cela avait horreur de la chaire professorale, elle le décodait, le pénétrait, y lisait une absence de quelqu’un, la présence d’un cadavre et le sifflet d’un sot.



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Cela n’était pas con.

Cela était trop bon pour être con.

Mais Cela troquerait bien Sa Seigneurie, Son Excellence, Sa Sainteté, Sa Majesté, Son Eminence, et même Sa Bonté pour Sa Connerie s’il pouvait un jour briguer la mairie de ange.jpg son quartier.

Sa Connerie changerait le pays.

Cela ferait alors des propositions à Louise, en tout bien tout honneur évidemment, puis le temps passant, le temps usant, Marion resterait une amie, si Louise le voulait évidemment. Sinon, Cela persisterait, persiflerait, userait de ses pions, jusqu’à ce qu’elle dise oui, car elle finirait par dire oui. Naturellement.

Les femmes comme mademoiselle Louise commencent toujours par dire non.

Mais en attendant cela avait toujours plus d’une flèche dans son arc, plus d’une veste dans sa garde-robe, plus d’une papillote dans son Noël et des milliers de naufragés dans ses banlieues.

Il avait l’épingle du moment pour tirer son bigorneau récalcitrant, enfin, il avait de quoi tirer son épingle du bigorneau à chaque tournant !

Et puis le champagne se mariait mal avec le foie gras, où aviez-vous la tête Marion ?

Du Sauternes, voyons !

C’est un crime contre l’humanité, pardon !

Cela s’était trompé, il voulait dire un crime de lèse-majesté.

Ce Sauvignon joue de ces tours !

Tout le monde trouvait cela amusant, exigeant en matière de goût et pédant.

Quelle belle expression !

Cela avait de l’esprit et du goût, Cela était une lumière.

Cela avait réussi sa vie, de lâchetés en traîtrises, il avait un peu trop râpé sa langue de toutes ces mains léchées pour avoir encore du goût mais cela ne se dit pas,

ne se pense pas, quand Noël avait rassemblé tout cela.

Cela savait se courber, ployer, gravir ces échelons

de petit formatorillon bête et méchant, aux lunettes

chevauchant le bout du nez pour faire intelligent,

à chargé de mission au torse bombé puis à directeur à

qui maintenant on ne léchait pas que le blouson.

Tous ces nègres venus s’intégrer, s’insérer,

se faire toucher par sa grâce et sa crasse grasse,

étaient ses enfants. Ils ne pouvaient que mieux tomber,

Cela n’était pas raciste, Cela était la larme de Hugo,

le verbe du père Voltaire et l’index de l’intraitable Zola, Cela.

Et puis, Cela leur apprenait à rire, à pleurer, à sentir et à toucher,

à se nettoyer à se contenter du peu et à ne pas péter plus haut que leur cul

quand on n’était qu’immigré, rapatrié ou Rmiste,

toxicomane ou tout simplement paumé. L’égalité des chances c’était Cela.

Cela leur apprenait tellement de choses et Cela était un être comblé.

Cela, Cela n’avait de cesse de le leur rappeler.

Lui qui n’était soldat en Indochine que devant Agathe,

Judith et Marion, sinon, peintre, infirmier ou marmiton en Kabylie.

Cela était même résistant.

Cela souffrait, peinait dans sa mission.

Dieu que c’est dur d’être intelligent et forcément Cela !

Cela fantasmait sur les unes, Cela fantasmait sur les uns,

après tout on n’est que des humains, cela échappait à Marion.

Dieu qu’ils devaient le voir beau !

Et Cela comptait les stagiaires en ronds et en subventions.

Moins de pauvres et nous coulons ! Alors faisons quelque chose, voyons !

 

 

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Cela connaissait filières et filons, la femme du député Paul, la maîtresse du secrétaire Pierre et puis, bien sûr, Marion, qu’on avait introduite à la direction de certains fonds, qu’il avait séduite, épousée civilement. ANGEcornette.jpg

Amoureux ? Oui, sûrement.

Puis il y a ceux que nous arrosons, saupoudrons, menaçons, écrasons, qui ne diront pas non.

Attention, cela faisait cela pour la formation et l’insertion.

Pour le développement.

Cet argent se perdrait s’il tombait entre d’autres mains,

Cet argent de son ciel à sa terre serait dirigé de mains propres à mains propres.

Cela était intègre, Cela était propre.

Protégé par toutes ces mains jadis léchées,

Ces bottes bien cirées, Cela n’avait malgré tout jamais la grosse tête, Cela.

Cela savait encore rester humble et servir, jusqu’au meurtre,

quand celui-ci était sans cadavre évident, sans mort attestée, sans bruit ni sang.

Il le faisait avec le zèle d’un Croisé devant un Sarrazin,

la rectitude d’un soldat devant un indigène,

le respect d’un mangonneau à une citadelle.

Il ne faut pas péter plus haut qu’un Cela.

Cela préférait le steak tartare au steak saignant

et Marion avait bien raison de lui en avoir concocté un ce Noël-là.

- Mon Cela est un brin charognard ! expliquait l’espiègle Marion,

toujours rigolote comme une anecdote dans une papillote !

- Pas de grosses bouchées, pas d’étouffe Musulman ! rétorquait-il.

Ah, la boutade, le fin mot de la question, il n’y a que

Cela pour lâcher une telle perle !

Cela vivait fondu dans la meute,

Cela était le premier à hurler et à courir et le dernier à se battre.

En 46 il était résistant.

Mais on n’y comprenait rien au début à cette guerre, Cela se comprend !

Cela savait ses limites et on ne le lui en voulait pas.

Cela prenait un gâteau aux fraises avec Judith

et un sorbet avec Agathe, Cela savait faire plaisir et bien le répartir.

Cela chanterait bien une chanson, mais il faudrait l’y pousser, l’en supplier,

Judith et Agathe s’en chargeraient, c’était prévu, Cela avait tout prévu.

Cela se fatiguait trop, depuis les commandes,

en passant par les courses et les cadeaux,

et bien entendu le sapin, un épicéa pour le parfum

et tant pis pour les épines, jusqu’à la soirée

qu’il voulait un gala où il serait le candélabre

qui illuminerait les autres.

Versailles fêterait ainsi sa Barry, sa Maintenon,

devant Cela en Louis avec la présence de quelques mâles

en retrait qui se contenteraient d’un Le Nostre, d’un Guillotin,

d’un Necker ou d’un fou du Roy, selon la cour selon le Roy, selon Cela.

Avec leur consentement bien sûr, car Cela était démocrate.

 

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Cela avait des bâillements d’hippopotame et des regards qui s’absentaient un peu trop dans le décolleté d’Agathe et accompagnaient le fessier de Judith à chaque déplacement, mais sa main rassurait évidemment celle de Marion.

Cela raconterait la dernière avant d’aller au lit, pour cela un petit Bourbon. Elle aurait de l’esprit, elle aurait du piment, ferait rire tout le monde, ferait rire Agathe et Judith, et Cela en profiterait pour se tordre de rire, toucher dans la foulée les seins tant convoités, pincer au passage l’imprenable fessier. Et dans son lit, le souvenir frais de cette chair rendrait moins fade le corps de Marion. Après tout, Cela n’était qu’un enfant et Cela aimait Noël comme tous les enfants. Les Noëls de cela étaient toujours poétiques.  C’était cela Cela.





Par Bobadillo - Publié dans : Rumeurs Hivernales
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Dimanche 29 novembre 2009 7 29 /11 /2009 06:30
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Textes soumis à droits


Je t'aime. Meurs.
D'après Bobadillo

Ainsi gribouillait-elle sa vie sur le pupitre orphelin d'une pauvre écolière en mal de bulletin. Elle filoutait dans les interstices des pauses pipi et trouvait à l'école la même confusion de sentiments que celle éprouvée sur le quai d'une gare, dans l'attente d'un train qui tarde à venir. Elle passait à travers les cours comme un bâillement dans l'attente des vacances, lesquelles à leur tour, la précipitaient dans l'angoisse de l'imminence de la prochaine année scolaire.
La loi du cercle et de la circonférence lui échappe encore malgré les retours de ces boomerangs qu'elle  jetait avec le froid et la fulgurance de l'instantané, pressée d'éloigner la difficulté du moment ou cédant à un désir de ceux jugés uniques en renvoyant dos à dos bienséance et convenance. De l'école, si elle en a gardé, à jamais gravées dans sa peau, ces habiletés qui consistent  à contourner tout obstacle venant s'interposer entre son confort et elle, elle oublie, dès les premières vacances jusqu'à ces êtres qui étaient là aussi pour qu'elle grandisse en douceur. Une photo de classe en noir et blanc encore éclatante de l'actualité d'un passé récent ne lui renvoie qu'une malheureuse image déjà pâlie de piètres souvenirs et la cruelle évidence d'une amnésie certaine d'elle-même.
- Celui qui est au centre de la rangée, em haut, tu t'en souviens?
- C'est Grand Louis, non ?
- Grand Louis, c'est ton oncle, voyons !
- Ah !
- Et la petite blonde aux cheveux ébouriffés en haut à droite ?
- Ché pô  !
Elle répondait en envoyant errer son regard dans le miroir du minuscule salon, où la même petite fille de la photo se tenait droite dans sa robe rouge d'été et soudain se surprit en train de se caresser le cuir chevelu. Cela lui procurait absence et fuite, lascivité et douceur, la même sensualité débonnaire que celle des récréations où l'éclatante cour d'école jurait avec sa morbidité. Quand Denis la mit dans sa ligne de mire, il était déjà pas un petit écolier comme les autres. Il avait le sourire pathétique de ces polissons qui, entre deux chiquenaudes, allaient accomplir ce qu'ils ont l'illusion de prendre pour un exploit. Il avait presque arrêté la course folle, assourdi le tintamarre de la cour rudoyée par ces petits bagnards que 10h 10 mn avait élargis et que, non loin, 10h 30 allait  de nouveau écrouer. Il avait passé sa manche droite sur un déjà très gros nez pour l'en débarrasser de l'impertinente morve qui en pendouillait et coulait à flots, venant visiblement d'une lointaine source ancestrale, dont on peut souligner l'abondance et souligner du même coup le ''beau" geste qui se devait de traduire les quatre lettres de noblesse de la galanterie due à une fille, qui s'était arrêtée de jouer il y a bien longtemps,  vint se pointer devant elle. Sans mot dire, tête baissée, elle le précéda aux latrines des garçons.

- Oh, je perds mes dorures, fit-elle, en exhibant deux mèches de cheveux  qu'un petit orgasme avait piégées entre des doigts tendus, crispés, et un petit couinement à peine étouffé.  - Au fait, Julien est passé aujourd'hui ?
- Ah, tu t'en souviens, enfin. Il n'est pas si différent de celui de la photo, tu sais. 

D'après Régis Deloro
Crépuscules et couchers

 Si l'amour n'était pas ce mélange insoluble de crime prémédité et d'infinie délicatesse, comme il serait aisé de le réduire à une parole ! Mais les souffrances de l'amour dépassent les tragédies de Job... L'érotisme est une lèpre éthérée...
     Emil Michel Cioran
Extrait de Le Crépuscule des pensées




À mon soleil d'hiver, cette lumière
éclatante et sa  fraîcheur d'enfant, de vols
de goéland au dessus
du Morhihan,
de biches égarées
aux yeux brillants.


REMERCIEMENTS ET ENCOURAGEMENTS :
Je tiens particulièrement à remercier le site
http://www.ateliermagique.com
de mettre à disposition des oeuvres réalisés par des peintres
méconnus et qui méritent nos encouragements.
Le meilleur hommage qu'on puisse leur rendre est, une fois téléchrgées,
ces oeuvres devraient nous intimer le respect
dans l'usage qu'on en fait.
Bobadillo

Toute ressemblance de près ou de loin avec des personnes réelles relèverait d'un pur hasard. Cette histoire est une pure fiction. Ce texte a été écrit en 2006. Il est sous droits d'auteur.




















































































































































































































































À suivre ...


Par Bobadillo - Publié dans : Rumeurs Hivernales
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Mercredi 25 novembre 2009 3 25 /11 /2009 20:04





Dans ce nouveau volet, des tranches de vie. Des hauts et ses bas, bien sûr mais un naufrage. Un constat d'échec et un glissement progressif vers la folie et la destruction. Rien ni personne n'y aura pu quoi que ce soit. Bien au contraire, certains soutiens ont tout simplement réveillé leurs instincts primaires à l'approche de cette faiblesse et y ont trouvé le trophée qui allait les mettre du côté des plus forts. 
Je tiens à remercier Bobadillo de m'avoir accordé un espace où laisser errer mes humeurs dans cette retrospection qui ne rectifiera, à mon sens, rien, les dès étant jetés et la blessure meurtrière.
Je remercie ceux qui s'arrêteront pour tenir compagnie à mon texte le long de quelques passages et lui donner un sens en le sortant du monologue.

Nous vivons dans une société qui a peur des malheurs, qui a dessiné, après l'avoir défini, le modèle de l'être humain d'aujourd'hui. Je ne m'y inscris pas. Je ne souhaiterais pas un jour:
   
    - passer lâchement mon chemin et laisser gémir derrière moi,
    - voler, spolluer, user et abuser, profiter de plus faible que moi ou tout simplement
      d'autrui.
    - manipuler, mentir éhontément.
    - trahir,
    - faire de quelqu'un mon imbécile

Cela a un prix ...



Je vous dis à très bientôt !

M. Narbonne

Parfois, près du soir, les oiseaux
Ressemblent à des vagues
Et les vagues aux oiseaux,
Les hommes aux rires
Et les rires aux sanglots.
J. Brel
Par Bobadillo - Publié dans : Rumeurs Hivernales
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Mardi 24 novembre 2009 2 24 /11 /2009 04:38


Vingt ans plus tard ...elle est là.
Une autre. Étrangère pas si inconnue que cela.
 Qu'est-elle venue chercher ? Pourquoi moi ?

 

Texte d'Al Baicin
Extrait de Songes Aqua Nocturnes


Solitaire aux abords du lac gelé ...


Texte soumis à droits ...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Fin

Par Bobadillo - Publié dans : Rumeurs Hivernales
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  • : Le blog de Bobadillo
  • Le blog de Bobadillo
  • : culture litterature etc. échanger Culture
  • : Belle occasion d'échanger sur tout. L'expérience nous a appris que les savoirs peuvent renvoyer à des domaines mais ne sont pas clôturés. C'est donc sur l'intitulé "culture" que je me base dans ce blog. Culture ? Chai pô !!! Et c'est tant mieux. Nous ferons en sorte que dans cette coquille il puisse y avoir différents axes et centres d'intérêt. Merci pour votre soutien.
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